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Pas de pitié pour les croissants !

15 janvier 2010

Valérie Pécresse s'attaque aux transports en Ile-de-France

Soulignant que l'on compte 200 kilomètres de bouchons chaque jour aux heures de points sur les routes franciliennes, [Valérie Pécresse] propose de créer une voie supplémentaire sur tous les tronçons assez larges. "Il y en a 81 en Ile-de-France", a-t-elle dit, précisant qu'elle commencerait par l'A86 et l'A104 qui ceinturent la région. (AFP)

Mais oui, mais c'est bien sûr ! Pour résoudre les problèmes des bouchons en Ile-de-France, il faut encore plus de routes, pour encore plus de voitures individuelles !

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21 novembre 2008

Incompréhension totale

J'écoutais France Info ce matin quand arrive une chronique le prix du pétrole. Après avoir rappelé que l'impact d'une chute sur le prix de l'essence ne se ferait pas sentir tout de suite, la journaliste conclut en disant : "Mais la chute du prix du baril de pétrole est une fausse bonne nouvelle ; car cette chute est la cause du ralentissement économique".

???

Première surprise : la baisse du prix du pétrole serait considérée a priori comme une bonne nouvelle. C'est là qu'on se rend compte à quel point le pétrole et ses dérivés sont pour nous une drogue : on sait, avec certitude, que l'utilisation prolongée de pétrole ne peut qu'engendrer de la pollution (que l'on sera capable ou non de juguler), on sait qu'on doit en réduire notre consommation. Mais dès que des événements extérieurs nous forcent à nous sevrer, nous nous plaignons et ne souhaitons qu'une chose : un prix bas pour pouvoir consommer autant que faire se peut. Tout comme un cocaïnomane est conscient que son addiction nuit à sa santé mais ressent un plaisir incroyable à chaque rail, nous ne parvenons pas à nous sevrer de notre mode de vie pétrolivore.

Deuxième surprise : le ralentissement économique est une mauvaise nouvelle. L'économie dont on parle ici est celle qui consomme du pétrole : industrie lourde, transports, et tous leurs dérivés et sous-traitants divers. Donc produire moins de voitures, moins de plastique, moins de trafic aérien serait une mauvaise nouvelle. Mais mauvaise nouvelle pour quoi ? pour qui ? Ce n'est pas parce que les conséquences à court terme sont (très) difficiles à supporter que c'est forcément une mauvaise nouvelle : étrangement, j'ai l'impression que pour l'environnement c'est plutôt une bonne nouvelle.

Bref, encore une analyse économico-centrée... Je croyais qu'avec l'arrivée du développement durable on avait décidé d'étudier économie, social et environnement ensemble ?

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02 octobre 2008

Greenwashing

ddLe Greenwashing, c'est le "blanchiment au vert", le "verdissage de façade" ; c'est une campagne de communication centrée autour de l'environnement qui est en totale contradiction avec les actions de l'entreprise ou du politique qui la mène. Le Greenwashing est une véritable plaie : il fait croire à une réelle volonté d'agir, alors qu'il ne s'agit que de marketing. Une fois le subterfuge découvert, la confiance diminue, et les mots "développement durable", "biologique", "équitable" inspirent méfiance et suspicion.

Le grand prix du Greenwashing 2008 va sans contest à E. Leclerc. "N'attendons pas qu'il soit trop tard pour nous occuper de la planète" est-il annoncé sur le site de l'enseigne dédié au développpement durable. Pour nous inciter à nous renseigner sur les actions en cours, E. Leclerc nous propose un jeu : un grand concours avec comme lots... 490 voyages pour 2 personnes au Sri Lanka !

Un voyage au Sri Lanka, c'est 17000 km A/R. D'après l'ADEME, les émissions des avions sont d'environ 120gCO2 par passager et par kilomètre - le chiffre est évidemment variable, et dépend par exemple fortement des conditions climatiques. Le vol émet donc environ 2tCO2 par passager, soit la totalité des émissions de CO2 auxquelles une personne a le droit dans une année. Ajoutez à cela le logement dans un hôtel de 3 à 4 étoiles en pension complète pendant 10 jours, et vous comprenez que votre jeu "Développement Durable" devient en réalité une incitation à la pollution.

Je ne doute pas une seule seconde que Michel-Edouard Leclerc nous trouvera de très belles justifications à ces cadeaux : "tourisme durable", "soutien aux populations", "découverte du monde"... Il n'empêche : nous faire croire que nous agissons pour la planète en voyageant à l'autre bout du monde, c'est une belle fumisterie.

(Merci Val pour l'info)

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10 septembre 2008

La décroissance - comment ça marche ?

escargotJ'avais parlé il y quelques temps de la décroissance. Rappelons-en le concept. Dans une société de décroissance, la croissance ne devient plus un objectif : la croissance économique, mais aussi la croissance de la consommation, la croissance technologique ne sont plus des fins en soi. Les décroissants décorrèlent "avoir plus" de "être plus heureux" et prônent donc une "simplicité volontaire" qui conduirait à plus de bonheur.

Étant moi-même partisan d'une telle vision du monde, je me dois d'expliquer concrètement comment je la vis. C'est évidemment personnel et cela n'engage que moi.

  1. Je n’ai pas de voiture, je ne prends quasi-jamais de voiture. Dès que je le peux, j’évite également de prendre les transports en commun et préfère mon vélo. Prendre son temps pour aller d’un point à un autre, ça déstresse.
  2. J'ai fait un moratoire sur l’avion : après avoir pris 20 vols en 6 mois aux États-Unis, je me dis qu’il faut que je laisse un peu la planète respirer… Je ne voyage plus qu’en Europe (et plutôt en France), et en train.
  3. J’ai décidé de ne rien acheter de neuf, hors consommation quotidienne bien sûr. Le but est de supprimer l’envie de toujours avoir la dernière nouveauté (Wii, EEEPC, vêtements etc.) et sortir un peu de la société de consommation. Pour l’instant, je tiens bien et je me base sur ebay et freecycle dès que j’ai besoin de quelque chose. Ne rien acheter, ça vaut aussi pour les cadeaux... c'est un peu plus tendu, mais avec un peu d'imagination on arrive à offrir des choses sympas quand même...
  4. Autant que faire se peut, j’achète bio. Avec mon colocataire, nous prenons des paniers de fruits et légumes qui viennent directement de producteurs locaux.
  5. J’essaye de me dégager le plus de temps possible pour des activités sociales : cuisine, jeux avec les potes ,ballades etc. J’essaye aussi d’accueillir des gens (via Couchsurfing) et de renouer les liens avec les gens de ma famille, pour autre chose que « un réseau professionnel ».

La décroissance est un nouveau paradigme, c'est-à-dire une nouvelle vision du monde. Suivre un nouveau paradigme est risqué, puisqu'en se coupant du mode de pensée dominant, on peut se sentir devenir un paria. Il n'est en effet pas rare d'être moqué parce que l'on consomme moins ou que l'on consomme différemment : qui n'a jamais fait une blague sur les produits bio "sans sucres rapides" ?

Il faut donc réussir à trouver un équilibre entre un certain prosélytisme et l'adaptation à la vie en société, ce qui n'est pas toujours facile : si mes amis me proposent de partir en vacances à Tanger, dois-je accepter et donc prendre l'avion, ou dois-je refuser et me couper de mes amis ? Quand une connaissance me dit qu'il a réussit à acheter un iPhone à 200€ sur ebay, dois-je être content pour lui, ou dois-je lui rappeler la futilité de consommer toujours plus au risque de paraître grincheux ?

Il n'est pas facile de trouver sa place dans une société qui ne tourne pas autour des mêmes principes que les siens, mais il me semble que les problèmes planétaires en jeu valent bien quelques questionnements.

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04 septembre 2008

Quelques précisions sur la voiture électrique

Comme souvent quand je parle d'énergie, j'ai fait quelques raccourcis rapides dans mon dernier billet sur les voitures électriques, et je me suis un peu emmêlé les pinceaux. Alors, je précise.

Tout d'abord, ma réflexion dans l'article était erronée, comme me l'a fait remarqué Val : raisonner sur la quantité d'énergie utilisée par une voiture "classique" et essayer de le convertir en énergie électrique ne vaut pas. En effet, le rendement du moteur n'est pas du tout le même : le rendement d'un moteur thermique (à essence ou diesel) est de l'ordre de 30% alors que celui d'un moteur électrique est plutôt de l'ordre de 80%. Cela veut dire que pour 100 d'énergie dans le réservoir, seul 30 sera effectivement utilisé pour déplacer la voiture avec un moteur thermique, alors que 80 seront utilisés dans une voiture électrique. Pour parcourir une distance donnée à une vitesse donnée, la voiture électrique consommera donc moins d'énergie que la voiture classique. A l'inverse, il y a des pertes énergétiques lors de la recharge de la batterie que l'on n'a pas quand on fait le plein : pertes lié au transport de l'électricité, au processus de recharge de la batterie...

Donc, comparer voiture électrique avec voiture à moteur thermique sur ce point là est assez absurde. Val me suggérait donc, à juste titre, de regarder plutôt la consommation (au kilomètre) des voitures électriques, et de refaire le calcul à partir de là. C'est ce que j'ai fait dans mon commentaire, mais ma réflexion comporte une erreur que je me dois de vous expliquer.

L'énergie primaire est l'énergie qui est disponible dans la nature, avant toute utilisation : le soleil, le bois, le pétrole sont des sources d'énergie primaires. L'énergie secondaire est l'énergie produite à partir de ces sources ; nos centrales n'ont en effet pas un rendement de 100% : pour le solaire, le rendement est plutôt de l'ordre de 15%, pour le nucléaire de 30% et pour les centrales à charbon de 45%. Enfin, l'énergie consommée est l'énergie secondaire, à laquelle on soustrait les pertes dues à l'utilisation de l'objet (pertes sur le réseau essentiellement) : les pertes sont assez minimes (de l'ordre de 10%) donc on peut les négliger. Le schéma ci-dessous devrait éclairer votre lanterne.

energie

Dans mon commentaire, je calcule et calcule, et arrive à dire : le parc automobile, s'il n'utilisait aujourd'hui que des voitures électriques, consommerait 33 000 GWh (énergie consommée). Par contre, parler ensuite d'énergie primaire n'a pas de sens ! En effet, pour passer de l'énergie consommée à l'énergie primaire, il faut passer par le rendement de la centrale que l'on étudie. Or, je suppose que ce sera du nucléaire, mais ce qui n'est pas forcément vrai : peut-être que nous pouvons augmenter notre part d'éolien, ou au contraire utiliser beaucoup de pétrole. Mais surtout, les puissances des centrales sont en énergie consommée, pas en énergie primaire : quand on dit qu'une centrale a une puissance de 1GW, cela veut dire que si l'on fait tourner la-dite centrale pendant une heure, on obtiendra 1GWh d'énergie secondaire (qui est presque de l'énergie consommée, à 10% près).

Donc, après calcul, avec notre situation technologique actuelle, passer l'ensemble des voitures en électrique voudrait dire consommer l'énergie de 5 EPR, ou 3000 éoliennes nouvelle génération, ou 10km² de panneaux solaires. Mais encore une fois, tout n'est pas si simple. En effet, l'un des gros problèmes c'est que l'électricité produit ne se stocke pas, ou alors très mal. Ainsi, 5 EPR produisent effectivement l'énergie requis sur une année à condition de tourner 24h/24h. Mais, il est plus que probable que les recharges de voiture se fassent en majorité la nuit (il faut 10h pour recharger une voiture). Donc, si vous n'utilisez vos EPR que 12h sur 24, c'est 10 EPR qu'il vous faudra ! Les éoliennes et les panneaux solaires qui ne produisent de l'électricité que par intermittence (et surtout le jour pour les panneaux) ne seraient pas du tout adapté à ce genre d'utilisation.

Voici les précisions faites. La conclusion, elle, reste au finale inchangée. L'électricité, c'est bien, ça n'émet pas de gaz à effet de serre à utiliser. Par contre, la production n'est pas forcément propre (déchets nucléaires, centrales à charbon...) mais surtout, il faut en permanence que la production et la consommation s'équilibre. Transférer notre consommation de pétrole en consommation d'électricité n'est pas forcément "propre" : tout dépend de comment nous produisons notre électricité.

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01 septembre 2008

La voiture électrique : la panacée ?

voiture_electriqueLes nouvelles sont bonnes, mais en fait pas trop : les voitures européennes émettent globalement moins de CO2 que l'année passée, mais la réduction n'est pas assez significative pour remplir les objectifs communautaires. Du coup, ça râle...

Une solution souvent présentée comme idéale est la voiture électrique : elle n'émet pas de CO2, fait peu (ou pas) de bruit, une conduite souple, agréable... Alors j'ai fait un petit calcul de coin de table, juste pour voir.

Tous les chiffres donnés ici sont volontairement minimisés, pour que le résultat soit un minimum nécéssaire. En France, 20 millions de voitures parcourent en moyenne 10000km par an. Cela fait donc 200 milliards de km par an.

Une petite voiture consomme environ 5L au 100km parcourus, cela fait donc 10 milliards de litre d'essence par an. Pour convertir ces litres en énergie, on utilise la tonne équivalent pétrole (tep) : c'est l'énergie contenue dans une tonne de pétrole. La tep est bien une unité d'énergie. En gros, un litre d'essence fait un kilo (un peu moins en fait : rappelez vous que l'essence flotte, donc est moins dense que l'eau) et est constitué très majoritairement de pétrole, donc une tep correspond à 1000 litres d'essence. 10 milliards de litres font 10 millions de tep : 10 millions de tep sont donc consommées chaque année pour le transport des particuliers.

Je rappelle 10 millions de tep, cela représente une énergie. Cette énergie, produite par une centrale nucléaire, serait de 100 millions de MWh, ou encore 100 000 GWh.

Un réacteur de nouvelle génération produit, au maximum, 10 000 GWh/an.

Donc, en ne prenant pas en compte de changements technologiques fondamentaux dans les rendements des moteurs, il faudrait construire de l'ordre de 10 nouveaux réacteurs nucléaires pour alimenter en électricité les voitures françaises (sachant qu'il y a environ 50 réacteurs en ce moment). Ce n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler une mesure écologique...

On le voit ici, comme on peut le voir dans beaucoup de domaines : ce n'est pas la science qui parviendra à résoudre fondamentalement le problème. Les vrais solutions sont une combinaison d'améliorations technologiques et une réduction de la consommation (la sobriété). Raaah, on va encore me taxer de décroissant.

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Photo : Malaurie Family sur Flickr

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28 août 2008

Bien manger, volume 2

bioEn complément à nos fruits et légumes provenant de notre AMAP (qui n'en est pas une mais presque), mon colocataire et moi-même mangeons principalement des produits issus de l'agriculture biologique.

Pourquoi bio ? Tout d'abord, parce que l'agriculture biologique n'utilise que des produits naturels comme engrais, pesticides, herbicides etc. Pour les animaux, les antibiotiques sont quasi-interdits, et leur fourrage est bien sûr également issu de l'agriculture biologique. L'ensemble de ces mesures sont certifiés par un organisme, en France Ecocert est le leader dans ce domaine (je ne sais même pas s'il existe d'autre organisme...) Or, on se rend compte, le temps passant, que bon nombre de produits chimiques que nous utilisions sont à la fois toxiques (ce dont on se doutait quand même un peu), mais surtout très stables, donc jamais dégradés ou presque. Les doses s'accumulent alors le long de la chaîne trophique, et l'homme ingurgite alors des quantités incroyables de ces produits cancérigènes. Niveau santé, on a vu mieux.

Ensuite, parce que l'agriculture biologique permet de maintenir une biodiversité et un équilibre dans les écosystèmes : comme on ne va pas détruire complètement une espèce d'insectes par exemple, mais que l'on va réduire son impact par l'utilisation d'un terreau spécifique, l'écosystème construit autour de tel ou tel insecte, telle ou telle plante perdure.

Manger bien c'est pour moi un peu comme réduire mes émissions de carbone : je n'ai pas le choix. Certes c'est plus cher, certes il y a moins de choix, certes les magasins bio sont un peu glauques : néanmoins, si l'on veut que nos enfants et nos petits-enfants vivent dans un monde où l'on peut se baigner dans les rivières et où l'on a le droit d'avoir peur de se faire piquer par une abeille, et bien c'est à nous de changer de mode de consommation.

Je dois cependant apporter quelques réserves sur le bio. Tout d'abord, ce qui me parait le plus intéressant est le bio local (à la limite national) : le problème des magasins bio est que pour pouvoir proposer en permanence des produits bio, ils vont jusqu'à s'approvisionner dans l'autre hémisphère. Acheter des pommes au Chili ou en Nouvelle Zélande parce qu'elles sont bio me paraît un peu poussif.

Pour enchaîner sur les magasins bios, il faut aussi être lucide qu'ils restent membres de la grande distribution, et ne peuvent complètement échapper à leur pratique d'achats en masse, de perte du contact direct entre consommateur et producteur. Notons tout de même que des efforts sont faits dans les magasins bio plus qu'ailleurs, comme le montre la charte de Biocoop par exemple.

Enfin, il ne faut pas oublier que pour être validée Bio, une installation doit suivre une pratique Bio pendant plusieurs années. Pendant ces années, dites années de conversion, le producteur a des coûts de fabrication égaux à ceux d'une installation Bio classique, puisqu'il doit en suivre les règles. Néanmoins, ses produits sont vendus à un prix largement inférieur, puisqu'il ne peut se targuer d'être bio. Tombee dans l'extrémisme du "Tout Bio" induit une pression très forte sur ces agriculteurs qui ne peuvent, pour l'instant, passer au Bio, même s'ils suivent une agriculture raisonnée.

L'agriculture biologique est donc un sujet délicat : c'est certes un idéal vers lequel il faut tendre, mais, il faut faire preuve de tolérance envers les agriculteurs qui souhaiteraient être bio mais ne le peuvent pas encore. C'est pourquoi dans notre AMAP (qui n'en est pas une mais presque), 20% seulement des agriculteurs sont labellisés bio, mais 100% font attention à leur pratique et souhaitent l'être un jour.

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Image : Logo européen de l'Agriculture Biologique

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25 août 2008

Bien manger, volume 1

Sur Rue 89, un article intéressant a été publié sur les essais du bio par une rédactrice du journal en ligne.

Cet article est intéressant car il livre les impressions de "Monsieur tout le monde" sur le Bio (ou la Bio, pour les puristes) ; ce n'est pas pour autant un dialogue de comptoir, puisqu'il est relativement bien argumenté. Puisque mon colloc et moi faisons nous aussi très attention à ce que nous mangeons, je me propose donc de livrer tout au long de la semaine mes impressions sur notre alimentation.

Nous ne sommes intégristes d'aucune forme d'alimentation (certains diraient que nous ne sommes pas intransigeants), mais nous faisons systématiquement attention à ce que nous mangeons : nous mélangeons donc les styles, des produits habituels au bio en passant par les produits locaux.

La base de notre alimentation est des fruits et légumes produits localement : nous sommes en effet adhérents à une AMAP, une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (enfin, dans les faits ce n'est pas exactement une AMAP pour deux trois subtilités, mais l'esprit est là). Le principe est un échange équitable entre des producteurs et des consommateurs, via des salariés de l'association. Le fonctionnement est relativement simple :

  • le consommateur adhère à l'association pour environ 6 mois. Il choisit au départ quel type de produit il veut et en quelle quantité. Nous nous sommes inscrits pour les fruits et les légumes pour une personne. On n'a par contre pas le choix de quels fruits ou quels légumes nous aurons.
  • le paiement se fait au début de chaque période de 6 mois : il est composé du prix des 6 mois de paniers - entièrement reversé aux producteurs - et du coût de fonctionnement de l'association pour 6 mois. Le paiement est bien sûr prélevable en 6 fois, ce qui compte c'est l'engagement sur la durée. Pour nos fruits et légumes, nous payons chaque semaine 12€ et 2,5€ de frais de fonctionnement.
  • chaque semaine, nous allons récupérer nos produits dans un lieu déterminé, qui en l'occurence est à 5 minutes de notre domicile (en centre-ville).

Au finale tout le monde s'y retrouve gagnant :

  • le producteur est en moyenne mieux payé, mais surtout il est payé régulièrement. Le client n'est plus roi, donc on ne risque plus la surproduction ou au contraire la sous-production : s'il y a trop de cerises, le panier fruit sera constitué principalement de cerises. S'il n'y a pas de pêches, et bien il n'y a pas de pêches. C'est un contraste saisissant avec ce qui peut se faire dans la distribution classique. De plus, sur chaque lieu de distribution, un producteur est présent : cela permet de nouer un lien entre producteur et client.
  • le client paye son panier un prix équivalent au prix du marché : 15€ pour des fruits et légumes pour une semaine et pour deux personnes, ça paraît raisonnable, non ? Certes, on n'a pas le choix du contenu, mais ce n'est pas plus mal : c'est un vrai plaisir d'attendre la livraison pour savoir ce que l'on cuisinera et découvrir de nouveaux légumes. L'association fait tout de même attention à la diversité du contenu, et on a au moins 4 fruits et 4 légumes différents.
  • l'association créée des emplois. Ces emplois sont à temps partiel selon l'adage "Travailler moins pour vivre mieux". Ils sont néanmoins correctement rémunérés, bien que la marge de l'association soit de 25% seulement, contre 47% en moyenne dans la grande distribution.

Les produits sont tous des produits locaux et de saison. Pas d'oranges, pas de tomates avant juillet, mais des produits variés et surtout assez surprenants (courgette jaune, topinambour, blettes, rutabaga...) Ils sont parfois bio, parfois pas (il faut savoir que l'agriculture biologique est contraignante, et qu'un agriculture peut très bien faire très attention à ses méthodes agricoles sans pour autant pouvoir être labellisé Bio). Pas de dépenses de carburant inutiles, pas de productions hors-sol, mais l'agréable sensation d'avoir son réseau de producteurs comme on a son boulanger ou son boucher.

Il est donc possible de bien manger pour pas cher, tout en rémunérant correctement le producteur, en créant des emplois et en tissant un lien social entre producteur et consommateur. Du social, de l'économie, de l'environnement... ça me rappelle quelque chose.

La suite de la bonne-bouffe demain !

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13 août 2008

Intransigeance

En cette période estivale, j’ai hésité à rédiger un article « lol », et puis en fait non, je vais faire mon bougon. La lolittude attendra.

 

Une véritable question me taraude : à quel point faut-il pousser l’intransigeance ? Je m’explique. Il me semble que (presque) tout le monde est prêt à faire des efforts pour la planète : cela va de celui qui ira au travail à vélo à celle qui achètera des produits démaquillants « bio ». Une certaine volonté est là. Néanmoins, j’ai l’impression que c’est « l’intransigeance » qui est absente : dès que l’on voit quelqu’un faire quelque chose a priori en contradiction avec ses déclarations, il nous répond « Oui, mais je n’ai pas le choix ».

 

Prenons l’exemple de l’avion : j’entends à droite à gauche (surtout à gauche) que « L’avion, c’est mal ». L’explication est plutôt simple : 60gCO2/km par passager, c’est plus que n’importe quel transport, sauf à prendre seul sa voiture. 60gCO2/km, ça fait 2,4 tCO2 l’aller-retour en Nouvelle-Zélande, soit plus que ce que l’on aurait le droit d’émettre en une année. Bon nombre de mes connaissances reconnaissent donc que « prendre l’avion pollue quand même beaucoup ». Mais quand il s’agit de faire des efforts, il y a toujours une bonne excuse : « C’est un voyage professionnel, je n’ai pas le choix », « Je ne vais quand même pas arrêter d’aller voir ma famille qui est à l’étranger ? », « On a encore le droit de voyager, non ? ».

 

Continuons avec un autre exemple : après avoir lu un article comme celui que j’ai rédigé sur les impacts de la consommation de viande sur l’environnement, on entend beaucoup de « Ohhh, ahhh, je savais pas. Très intéressant comme article, hop, je mets un lien sur mon skyblog. » Mais quand il s’agit de changer son régime alimentaire, il n’y a plus grand monde…

 

Ne pas prendre l’avion, changer son alimentation… ce sont pourtant des mesures très efficaces : bien plus en tout cas que d’installer une chasse d’eau double débit (mais installez-en une quand même, ça fait pas de mal).

 

Il me semble donc qu’il faut faire preuve d’une certaine intransigeance : les voyages de loisirs ne doivent jamais se faire en avion, toujours en train ou en voiture à plusieurs et sur de courtes distances (à 4 dans une Renault Clio, on tombe à 30gCO2/km par passager – sur 3000km A/R, on est donc à 90kgCO2 par personne). Vous refuseriez un emploi qui vous enverrait en Irak ? Et bien refusez un emploi qui vous demandera de grands déplacements en avion. C’est sûr, ces mesures sont contraignantes : on part moins loin en vacances, on passe plus de temps dans les transports, on peut refuser des postes à plus hautes responsabilités. Mais c’est en faisant preuve d’intransigeance que l’on évite de se poser des questions.

 

Ainsi, après avoir un peu abusé de l’avion, je me suis interdit tout transport aérien. Depuis, dans ma tête, l’avion n’existe pas, ce n’est jamais un moyen de transport envisageable : si je dois aller en Italie, je regarde les horaires des trains couchettes, si je dois aller en Russie, je regarde les horaires de Transsibérien. Je ne me propose même pas le choix.

 

Ce raisonnement peut paraître extrémiste. Il fait peur, parce que changer ses habitudes fait peur. Perdre un peu de son confort fait peur également.

 

Et pourtant, je reste persuadé que ce sont les actions individuelles qui vont permettre le changement. En effet, aucun homme politique n’oserait légiférer pour réduire le transport aérien, réduire la consommation de viande ou la consommation tout court : il se heurterait violemment aux syndicats. A l’inverse, les prises de conscience individuelles se faisant progressivement, les filières concernées seraient touchées progressivement : ainsi, si nous prenons de moins en moins l’avion, l’industrie aéronautique connaîtra un ralentissement, mais qui pourra être comblé par une croissance de l’industrie ferroviaire. Enfin, nous sommes tous individuellement responsables de nos actes : j’aime donc croire que nous pourrons agir individuellement de manière responsable. A condition d'être intransigeant !

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01 août 2008

Des ordinateurs verts ?

ordivertOn considère souvent les nouvelles technologies comme des technologies propres, participant à une "croissance verte". La dématérialisation des factures, les paiements en lignes et autres billets électroniques sont souvent vendu comme un service utile pour réduire nos émissions carbones. Ainsi, Orange l'annonce sur son site web : "Changement climatique : la dématérialisation fait partie des solutions". Vraiment ?

Une étude rapide concluait il y a deux ans qu'un avatar de Second Life consommait autant d'électricité qu'un Brésilien. Étudions aujourd'hui un site web classique, par exemple un site de consultation d'informations sur la vie locale, que nous appellerons InfoLocale.

Pour fonctionner correctement, InfoLocale utilise 15 serveurs, d'une puissance d'environ 500W. Ces serveurs fonctionnent tous les jours de l'année, 24h/24, soit 8760h. L'énergie consommée sur l'année est donc de 65000 kWh.

L'un des gros soucis des serveurs est leur capacité de chauffe : nous allons donc devoir ajouter de la climatisation à notre calcul. Chacun de ses serveurs émet environ 1kW de puissance thermique, que l'on peut compenser par une climatisation d'une puissance de 300W environ. Toujours 15 serveurs, toujours un fonctionnement 24h/24. Total : 40000 kWh.

Chaque ordinateur allumé pour consulter le site a une puissance d'environ 200W. Or InfoLocale reçoit 7 millions de visites dans l'année, visites qui durent en moyenne 6 minutes, soit 700000 heures de connexion dans l'année. Total : 140000 kWh.

           
ServeurClimatisationOrdinateur
 65 000 kWh  40 000 kWh  140 000 kWh 

Au total, InfoLocale a donc consommé sur l'année 250000 kWh. Cette estimation est grossière, et surtout vue à la baisse : on devrait également prendre en compte l'énergie de fabrication de chaque serveur (renouvelé environ tous les 4 ans), ou encore l'énergie consommée par les employés faisant tourner la salle contenant les serveurs. En France, la consommation moyenne d'électricité est de 1200 kWh/habitant par an. Le fonctionnement d'Infolocale équivaut donc à la consommation énergétique de 200 habitants. Un site web = 200 habitants : je pense qu'on voit tout de suite que l'impact est non nul.

On peut continuer le raisonnement : 250 000 kWh pour 7 millions de visites de 6 minutes, c'est donc 35 Wh les 6 minutes, ou encore 350 Wh l'heure. Sachant qu'un français surf en moyenne une heure par jour sur internet, cela fait donc sur l'année 127 kWh, soit 2% de l'énergie moyenne consommée par habitant. Attention, précisons tout de suite : un français a en moyenne consommé individuellement 1200 kWh sur sur sa facture d'électricité. Pourquoi précise-je individuellement ? Parce que quand vous marchez dans la rue, quand vous prenez le métro, quand vous entrez dans un magasin, vous ne payez pas (directement) la facture électrique de ces installations. Si l'on rapporte l'ensemble de l'énergie électrique consommée en France au nombre d'habitants, on est plus proche de 6000 kWh. Les 127 kWh font donc bien 2% de 6000, et non pas 2% de 1200. 127 kWh, c'est la consommation énergétique annuelle d'un nigerian.

L'exemple choisi ici n'est pas le plus gourmand en énergie : Google Maps, ou Google tout court doit demander bien plus d'énergie puisque des calculs complexes sont effectués pour chaque recherche : l'entreprise de Moutain View cherche d'ailleurs des endroits "frais" pour stocker ses serveurs, qui seraient au nombre d'un million. Les chiffres que je donne sont des estimations et beaucoup de calculs n'ont pas été faits en détail. Néanmoins, l'idée est là : l'utilisation d'un ordinateur en général, et d'internet en particulier, n'est absolument pas un acte anodin pour l'environnement. La promotion de la dématérialisation tous azimuts me paraît donc plus un beau plan marketing qu'une véritable action pour sauver les bébés ours polaires.

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