gotty

Pas de pitié pour les croissants !

08 juillet 2008

Miam les fruits !

On entend beaucoup parler dernièrement d'émeutes de la faim, et autres crise alimentaire.

Je ne suis pas un professionnel de la géopolitique, et je dois avouer que les impacts des subventions des uns sur l'agriculture des autres me dépassent un peu. Vous pourrez trouver à ce sujet deux articles très interessants : l'un écrit par Chris Goodall expliquant l'impact des agrocarburants, l'autre de Rue89 sur les multiples causes de la hausse des cours. Un point - non traité dans ces articles - m'intéresse particulièrement, en ce qu'il nous concerne tous directement : la qualité de l'alimentation. Petite explication...

La chaine trophique, aussi appelée chaine alimentaire, désigne l'ensemble des flux de matière entre êtres vivants ; dit plus simplement, une chaîne trophique représente qui mange qui. Voici ci-dessous un exemple de réseau trophique dans le Lac Léman :

reseau_trophique

Notez qu'une chaîne trophique ne comporte que très rarement plus de 4 niveaux. On a en général un autotrophe (qui fabrique sa matière uniquement à partir d'énergie solaire et de mineraux) comme une plante, puis un herbivore, un carnivore, et éventuellement un dernier carnivore. Des décomposeurs se nourrissent des déchets de tout ce beau monde. On peut résumer ce genre de dessin par un schéma simplificateur :

schema_trophique


Grâce à ce schéma, on se rend compte d'une chose : si un autotrophe (P) reçoit 100 en énergie du soleil, il utilisera une partie de cette énergie pour faire de la matière organique (c'est-à-dire pour grossir), et une autre partie pour respirer, digérer, se chauffer... Donc, si un herbivore (C1) mange P, il recevra moins de 100 en énergie, disons 30. De même, C1 respire, se chauffe etc. et donc, en mangeant 30, utilisera peut-être 10 pour fabriquer de la matière organique. Ainsi un carnivore (C2) qui mange C1 n'absorbera que 10, et n'utilisera par exemple que 2 pour grossir. De 100 au départ, on est passé à 2...

On a pour habitude de dire qu'on divise par 10 au moins l'énergie transmise entre deux niveaux de la chaîne trophique. Il faut donc 10 calories de fourrage pour produire 1 calorie de boeuf. Or, pour un homme, cela revient à peu près au même de manger 1 calorie issue de blé, ou 1 calorie issue de boeuf (leur poids est comparable). Le calcul est bien sûr grossier, puisque de nombreux paramètres rentrent en ligne de compte, mais l'idée est là : à surface équivalente, remplacer la viande par des légumes permet de produire plus de produits alimentaires, donc nourrir plus de gens.

C'est pourquoi depuis 6 mois, je suis quasi-végétarien, é vou.

Posté par Gotty à 16:23 - Alimentation - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Il doit juste manquer un petit paragraphe sur les apports nécessaires qui ne sont pas forcément présents dans tout régime végétarien.

    Et toi?

    Posté par Val, 08 juillet 2008 à 22:12
  • En lisant ton article, je ne comprends pas pourquoi il faudrait chercher à économiser de l'énergie en mangeant des légumes, alors que c'est à la base de l'énergie solaire, relativement inépuisable. Pourrais-tu nous expliquer en quoi l'énergie perdue dans la chaîne pose des problèmes environnementaux (déchets, émanations de méthane, etc) ?

    Et moi ?

    Posté par tiou, 09 juillet 2008 à 08:00
  • @Val : Je ne suis pas devenu végétarien, je consomme simplement moins de viande. Je ne mange plus de "pièce du boucher" ou de steack le soir, mais je mange quand même des sandwich jambon beurre lors d'un picnic, du saucisson quand je suis à la montagne et des lardons dans mes carbonara. Je ne suis pas diététicien, donc je ne peux pas conseiller sur quoi manger ou quoi équilibrer avec quoi, mais je sais qu'en diminuant simplement ma quantité de viande, je me débrouille pas trop mal : il me manque peut être toujours un peu de ci ou de ça, mais la situation ne me semble pas pire qu'avant...

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    @tiou : Ca n'a pas grand chose à voir avec l'énergie, mais tout simplement avec les surfaces agricoles. La crise alimentaire actuelle ne vient pas d'une surconsommation alimentaire mais, entre autres, d'un manque de production du à un manque de place. En ayant une alimentation riche en viande, on a besoin d'une plus grande surface agricole pour produire la même quantité de calories.

    D'un point de vue environnement, c'est vrai que le bétail n'est pas la panacée non plus (émissions massives de méthane lors de la digestion) mais ce n'était pas là mon propos.

    Posté par Gotty, 09 juillet 2008 à 09:01
  • Aller, une fois n'est pas coutume je me motive pour un ptit commentaire.

    Pour abonder dans le sens de l'article, c'est pour cette raison que manger des poissons carnivores comme le saumon et le thon a un impact environnemental plus fort qu'avec d'autres poissons. Le premier est de plus en plus élevé en piscine avec moult inputs en poissons (4kg pour 1kg de saumon => http://mescoursespourlaplanete.com/Produits/Saumon_24/), le deuxième est menacé d'extinction car, écosystème oblige, il ne peut y avoir autant de carnivores en haut des chaines alimentaires aquatiques que d'amateurs de sushis.

    Il n'y a pas non plus de raisons de restreindre la logique à la viande a priori. Ce matin je cherchais justement des infos sur "l'équivalent CO2" d'un litre de lait, en rapport avec les prouts de ces vilaines vaches. D'après l'article de l'INRA que j'ai dégoté, c'est de l'ordre de 15 à 28g CH4 par L, soit 23 fois plus en équivalent CO2 (facteur discutable il est vrai). En faisant l'hypothèse de 200mL par jour, un buveur de lait émettrait de l'ordre de 50kg CO2 par an (à comparer aux 2tonnes qu'il nous faudrait respecter), c'est donc encore raisonnable mais il faudrait inclure aussi les émissions liées au fourrage et j'ai franchement pas le temps de me pencher dessus. Avis aux amateurs...

    Posté par Sirius, 09 juillet 2008 à 13:18

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