gotty

Pas de pitié pour les croissants !

17 juillet 2008

Apprenons à compter - L'IDH

Pour caractériser le développement d'un pays, les Nations Unis ont construit un indice : l'indice de développement humain, ou IDH. Cet indice est relativement bien connu en France puisqu'on nous le présentait en cours d'Histoire-Géographie, sans oublier de préciser que "La France a l'IDH le plus élevé du monde", ce qui est désormais faux (la France se classe plutôt autour de la 10e place).

Trois facteurs sont pris en compte (source Wikipedia) :

  • la santé mesurée par l'espérance de vie à la naissance, qui permet de mesurer indirectement la satisfaction des besoins matériels essentiels tels que l'accès à une alimentation saine, à l'eau potable, à un logement décent...
  • le niveau d'éducation, mesuré par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation. Il traduit la satisfaction des besoins immatériels tels que la capacité à participer aux prises de décision dans la société ;
  • le niveau de vie (PIB par habitant à pouvoir d'achat équivalent), afin d'englober les éléments de la qualité de vie qui ne sont pas décrits par les deux premiers indices tels que la mobilité ou l'accès à la culture.

L'IDH est une moyenne de ces trois indices (vous pourrez trouver les calculs précis sur Wikipedia), et est compris entre 0 et 1. Un pays est considéré comme développé si son IDH est supérieur 0.8, les pays les plus développés ayant un IDH supérieur à 0.95.

Ce qu'il faut bien noter dans cet indice c'est sa subjectivité. Les 3 critères retenus sont arbitraires, le calcul des indices l'est tout autant, et la moyenne faite est tout aussi hasardeuse : la durée de vie doit-elle vraiment être un critère, si l'ensemble des personnes de plus de 70 ans finit dans une maison de retraite ? Un niveau de vie élevé présage-t-il d'un bien-être ? Enfin, le fait qu'il soit compris entre 0 et 1 dresse une échelle, et donc des limites a priori. Bref, comme toute agrégation de différentes mesures, l'IDH repose sur un parti-pris.

L'IDH ne concerne que le développement humain, il n'y est fait aucune référence à l'environnement. Nous avions néanmoins déja vu deux indices environnementaux plus tôt cette semaine : le bilan carbone et l'empreinte écologique. Or, nous pourrions caractériser le développement durable par un développement humain élevé répondant à une durabilité environnementale : disons qu'un pays peut être estampillé développement durable s'il a un IDH>0.8 (pays développé selon les Nations Unis) et une empreinte écologique inférieure à 2ha/habitant (pays répondant à la moyenne mondiale autorisée). Quel pays répond à ces critères ?

C'est la question que s'est posée Aurélien Boutaud dans sa thèse (déja citée sur ce blog) : il a donc placé tous les pays sur un graphe en fonction de leur empreinte écologique et de leur IDH. En abscisse, l'empreinte écologique (allant du plus fort au plus faible) ; en ordonnée, l'indice de développement humain. La zone marron correspond aux pays développés mais pollueurs, la zone blanche aux pays en voie de développement mais à l'impact environnemental soutenable, la zone rouge aux pays en voie de développement et déja pollueurs. La zone verte quant à elle correspond au développement durable : IDH élevé, faible impact environnemental.

EE


Comme vous pouvez le constater, la zone verte est désespérément vide ! Les pays les plus proches d'un développement durable sont ceux d'Amérique du Sud (Costa Rica, Cuba...) le reste du monde étant soit humainement sous-développé, soit avec un mode de vie non-durable (soit les deux à la fois...).

Mais comme nous l'avions dit auparavant, les critères choisis sont très subjectifs : on pourrait choisir 0.9 ou 0.7 pour un pays développé. Ce qui est intéressant n'est donc pas tant le découpage en zones, que la tendance que l'on peut observer : il y a une courbure très nette, montrant qu'à partir d'un certain seuil une augmentation d'IDH correspond quasiment systématiquement à un impact environnemental accru. On observe également qu'aux extrêmes, de nombreux pays ont un IDH commun mais un impact environnemental allant du simple au triple (Suisse VS USA), ou alors un impact environnemental constant mais un IDH très variable (Bangladesh VS Chine).

On constate enfin que pour arriver à un développement durable, l'effort à faire par les pays développé est égal, si ce n'est supérieur à l'effort à faire par les pays en voie de développement : la distance au développement durable des Etats-Unis est égale à celle du Bangladesh.

Posté par Gotty à 15:37 - Développement Durable - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Clap clap ! Il est très parlant ce graphique !

    Remarque rabat-joie : il faut quand même pas essayer de comparer les distances sur le graphe, a priori rien ne dit que les efforts pour réduire l'empreinte écologique des Etats-Unis soient du même ordre que les efforts pour augmenter l'IDH du Bangladesh.

    Posté par tiou, 17 juillet 2008 à 17:52

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